Des syndicats aux ordres ?

Publié le par Rébus

 Je reviens un peu sur cette fameuse modernisation du marché du travail, dont on nous serine le triomphe sur tous les tons.

Triomphe, triomphe, oui, c'est vite dit. Les seuls en mesure de se réjouir de cette adoption façon comme dans du beurre, c'est bien le Medef et le gouvernement. D'ailleurs, on en arrive presque à les confondre, tant les seconds se contentent d'être le relais, le pote parole des intérets des premiers.

Mais, je pense que même le Medef ne s'attendait pas à  des syndicats si accomodants. la preuve, le gouvernment avait prévu, prévenu même, dès le départ, que la "modernisation" se ferait, dans le sens  qu'ils avaient eux même choisi et défini, par le biais d'une loi, s'il le fallait. À marche forcée, donc. Ce qui démontre d'une conception assez particulière de la négociation et du peu de cas que le gouvernement Sarkozy fait du rôle des partenaires (si peu) sociaux.

Si peu sociaux car si évidemment , on n'en attendait pas moins du Medef qui, sous l'ère Parisot applique toujours les préceptes définis par Kessler lorsque celui ci était l'âme damnée du Baron Sellières, l'inoubliable précédent patron des patrons, on était un peu en droit d'espérer une résistance minimale des syndicats.

Ça n'a pas été le cas, visiblement, ceux ci ne se voyaient pas dans le rôle des dernières phalanges de Léonidas et donnent presque l'impresion d'avoir acté leur défaite, ou au moins leur totale absence de pugnacité, bien avant le début de ces négociations façon je vous tords le bras.

Si le Medef n'a pas changé sa politique, on peut en dire autant de la CFDT, aussi accommodante sous la direction de Chérèque qu'elle l'était sous celle de Notat. Certains appellent cela du réformisme, je serai assez tenté de parler d'intérets boutiquiers bien compris.

La "découverte" de l'affaire Gautier-Sauvagnac survenue opportunément avant l'ouverture de ces multiples chantiers de négociation a du beaucoup aider à garder les débats sereins et détendus. Il est évidemment facile après de s'interroger sur le "tous des vendus" si proche du "tous pourris". Quoi qu'il en soit, cette affaire syndico patronnale a été un joli moyen de pression.

Le peu de soutien des français aux grèves précédentes a également contribué à mettre les syndicats en position de faiblesse. Ces multiples facteurs se conjuguant ont permis au Medef (incarnation du mal sur Terre, non ?) d'obtenir la satisfaction de ses revendication sans céder grand chose en contre partie (j'avais détaillé ceci dans un billet précédent). Entrons gaiement dans la précarité généralisée rebaptisée modernité. C'est fou ce qu'on peut obtenir par quelques travestissements sémantiques.

Récapitulons, Parisot est contente, le Medef a atteint son but, le trio sarkozy/Bertran/Fillon se félicite lui aussi. mailly et Chérèque font semblant d'avoir obtenu des contreparties plutôt que de s'être couchés et Thibault et la CGT se prennent pour des résistants. Tout va pour le mieux dans le meilleur des mondes.

Tout va tellement bien que Sarkozy profite du moment pour rajouter une dose de travailler plus, demandant à nouveau des sacrifices supplémentaires, Churchill à talonnettes ; c'est bien, il contente son électorat et permet aux syndicats de  fanfaronner un peu à leur tour en promettant une année 2008 pleine de manifs et de grèves, à commencer par celle du 24 janvier.

Tout le monde est dans son rôle, une comédie savamment orchestrée, vaudeville dont les salariés sont les cocus.

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surferrossa 25/01/2008 22:18

Résistance 2012, merci de remettre les pendules à l'heure. Si un droitiste passe. En même temps, ils se font discrets ces temps ci, un moment de doute, de flottement ? Non, pas possible

stormbreaker 22/01/2008 23:15

Il y avait une amorce de mouvement aujourd'hui. En tout cas, c'est ce que j'ai lu dans la presse mais je ne sais pas si cela a été suivi ou pas

DELETED 22/01/2008 04:03

La journée de grève du 24 janvier sera un test de plus pour les syndicats; me fais une joie en anticipant les commentaires des roquets télévisuels

scully 19/01/2008 23:39

Avec la bande du nain, c'est le epuple au complet, le cocu de l'affaire. Merci aux 53 % d'imbéciles qui se sont fait berner. Combien ont voté contre leurs propres intérêts ?

Most 18/01/2008 15:51

Hello Rebus,

"Allez les gauchos !! au boulot ! Enfin les plus maléables uniquement, mourrez donc en silence les autres. Le pouvoir d'achat n'attends que celui qui voudra bien travailler plus"

Quand eventuellement les jeunes contre le CPE, les syndicats, enfin tout le monde en fait réalisera qu'il faudra peut etre penser à faire quelque chose, il sera bien trop tard pour revenir en arriére.

Donc concrétement comme pour le traité européen, "c'est mort de chez mort... "