France : le moral le plus bas depuis 20 ans

Publié le par Rébus


  Quand on vous dit que Nicolas sarkozy fait des miracles. On en obtient une nouvelle  fois la preuve.   Monsieur "je représente 53% des français", môssieur "popularité record" , oui, ben, on la ramène moins, on dirait.

 On peut dire que le choc de confiance qu'il nous promettait au début de on mandat a bel et bien eu lieu.

  Pas dans le sens où ses fans l'entendaient apparemment. Selon le Nouvel Observateur, qui n'est pourtant pas le journal le plus révolutionnaire de france, jamais le moral des ménages n'a été aussi bas.

 Et pourtant, souvenez vous, les envolées lyriques, les commentaires dythirambiques, la France de la Rupture, la confiance en l'avenir retrouvée, le sarko messie est parmi nous, ce n'est pas si loin. Alors, que s'est -il passé entre temps ?

 Ben, rien, c'est peut être ça le problême. Beaucoup de gens ont oublié qui était Sarkozy, assommés par une propagande journalière nous le présentant comme un homme neuf, qui avait changé... Un homme neuf ? Membre du gouvernement Chirac depuis 2002, numéro 2 de ce gouvernement, ministre de l'Intérieur puis des Finances et retour à l'Intérieur pour (dixit l'intéressé) verrouiller la campagne et se prémunir des coups bas . Un homme neuf, le chef de l'UMP ? Un homme neuf, l'ancien secrétaire d'Etat aux finances de Balladur ? Ce même secrétaire qui laissa le pire passif financier enregistré par un gouvernement, jusqu'à celui d'un certain...Nicolas Sarkozy, encore, en 2004 aux Finances.

 Numéro 2 du gouvernement, chef de l'UMP et dans les hautes sphères du RPR depuis des années, ancien poulain des Chirac/Pasqua puis Balladur, cet homme là pouvait -il ne pas être comptable du bilan de Chirac, s'en laver les mains comme ses fans le prétendent, disant qu'il n'était pas aux manettes ? Ok, il n'était pas président, mais déjà hyper actif médiatiquement, empiétant sur les ministères de ses collègues, tirant toujours à lui la couverture médiatique. Alors, le bilan de Chirac est aussi le sien.

 Comment a-t-on pu être assez naîf pour croire à un changement de politique ? Un changement de personnalité ? La seule rupture qu'il y ait eu, c'est cette droite qui a rompu toutes les amarres avec les moindres sentiments de décence et de dignité, allant jusqu'à piétiner les fondations de la République dont elle se prétend garante.

 On va toiletter la laïcité, au revoir la loi de 1905, et actuellement, on parle , quel progrès, de rétablir le délit de vagabondage. Jean Valjean, nous voilà. On organise la chasse aux rmistes, aux chômeurs, aux clandestins, tous fraudeurs, fainéants, coupables mais on se contente d'un coup de règle sur les doigts pour les gros fraudeurs. La condamnation dans l'affaire Laurence Pineau Valenciennes, qui n'est même pas à la hauteur du préjudice subi, le PDG de la Société Générale qui ne sent en aucun cas obligé de démisionner. La culture de la responsabilisation , de la tolérance zéro , apparemement ne concerne pas tout le monde. Et on peut assister tous les jours au ballet de ces petits marquis, nouvelle aristocratie arrogante et donneuse de leçon, n'assumant jamais rien mais revendiquant toujours plus de privilèges, alors même que son seul et unique horizon est de ramener la population quelques siècles en arrière.

 Lisez le rapport Attali, de quelle France parle-t-il ? D'une espèce de futurocratie pour classes très supérieures (financiérement s'entend) où l'on est fier de faire travailler les plus de 70 ans, une France où les classes moyennes n'existent plus, reléguées avec les pauvres, en périphérie, loin des nouvelles mégalopoles futuristiques. Attali nous a pondu un mauvais Blade Runner. S'il avait un peu mieux lu Philipp K. Dick, il saurait qu'à un moment ou à un autre, la révolte refait toujours surface.

 Pendant que l'ex sherpa de Mitterrand nous livre ses élucubrations, nous sommant de les accepter comme inéluctables, Sarkozy le Bling Bling n'a d'yeux que pour Carla. C'est son droit, je le concède, mais entendre monsieur +206 % de salaire nous dire que les caisses sont vides, alors qu'il aun train de vie de milliardaire ; l'entendre dire entre 2 voyages, travaillez, travaillez plus, encore et toujours.

 Non, désolé, ça ne passe plus. Alors, miraculeusement, la presse nous parle de 2 probables rattrapages du smic, en mai et en juillet prochain. Mais bien sur, et la marmotte...Les municipales approchent, promettons, promettons, ça ne coûte rien. Un peu de promesses faciles, un petit coup de sécuritaire, du glamour à 2 balles et l'affaire est pliée, hein , Nico ?

 Non, pas cette fois ! Les français commencent à se rendre compte que ce qu'ils prenaient pour les fantasmes d'antisarkozystes primaires est malheureusement en dessous de la réalité. Inflation en hausse, pouvoir d'achat en berne, pendant ce temps, on danse au château.

 Deux grosses erreurs dans la stratégie sarkozienne. Nicolas n'est pas Thatcher, les français ne sont pas anglais. On danse au chateau et les gueux ont le moral en berne...Déjà vu ça dans l'histoire du pays, le réveil peut être brutal quelquefois, mais ce pays est coutumier de sursauts imprévisibles et violents. À bon entendeur, messieurs les UMPistes

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ericlerouge 31/01/2008 23:24

Simple, ils espéraient emmerder leurs voisins et autres mais ne croyaient pas qu'ils prendraient aussi. Ils payent leur absence de solidarité, les vieux par exemple, dommage mais ils l'ont voulu, qu'ils fassent avec

stormbreaker 31/01/2008 22:08

Mais qu'est ce qu'ils espéraient au juste ces 53 % d'abrutis qui ont voté Sarko ? Pas fini de sombrer le moral mais on avait prévenu, non ?

surferrossa 29/01/2008 23:40

C'est une impression ou t'étais un peu énervé en écrivant ça. On sent l'humeur révolutionnaire là. Ceci dit, diagnostic toujours aussi juste. Chapeau, pour avoir cité K. Dick

daria 29/01/2008 23:07

Oh mais le moral va encore descendre vu tous les coups tordus qui vont fleurir après les municipales. 2008, réchauffement climatique à Sarkoland ?

renato 29/01/2008 20:30

le moral des méninges semble en revanche au beau fixe... C'est un signe très encourageant pour une prise de conscience collective