Chômage : elle est où la rupture

Publié le par Rébus

  Le détricotage ultime des 35 H est achevé et je suis déçu, j'attendais avec impatience ce grand moment de télévision (non, pas le Tour de France) qui aurait consisté à voir le Medef et les députés et ministricules UMP entonner "C'est la lutte finale", le poing levé, fièrement, parachevant leur victoire par un utime pied de nez aux socialo communistes.

 Loupé, aucun panache chez les réacs, encore moins d'humour. Du désir de revanche, de la réactionnude et des ravis de la crèche, là, par contre, ça foisonne.

 J'ai retrouvé sur l'excellent site Actuchômage un texte de 2004, le réac en chef était alors Raffarin, qui tenait un discours...que tient toujours l'homme de la rupture.

  Pour les aveugles, borgnes ou amourachés convaincus de la valeur travail comme du mythe de la France faignasse, le discours est à relire. Rien n'a changé, ou plutôt si, c'est pire.

   Texte Actuchômage

  "Face à des problèmes qu'on ne sait ou qu'on ne veut résoudre, une technique consiste à trouver un bouc émissaire pour lui faire porter le chapeau et ainsi échapper à ses responsabilités et/ou à son incompétence. La méthode est vieille comme le monde, mais elle fonctionne toujours. Ainsi en est-il des conséquences du chômage que certains hommes politiques et chefs d'entreprises, ardents partisans de l'ultralibéralisme, voudraient faire supporter aux premiers concernés, les chômeurs, qui seraient alors tenus pour responsables de leur propre sort. (Billet écrit en septembre 2004)


En démocratie, chacun est en droit d'exprimer son opinion. Les libéraux et les ultralibéraux sont libres d'avancer leurs convictions sur le sujet qui nous intéresse même si nous ne partageons pas leurs vues. Mais leurs discours ne passent plus quand ils assènent des contrevérités pour étayer leurs thèses. Ainsi, régulièrement, voit-on fleurir dans la presse des déclarations réductrices sur le thème du chômage ; les unes laissent entendre que les chômeurs sont des "fainéants", que nombre d'entre eux vivent aux crochets de ceux qui travaillent ; les autres affirment que le système d'assurance chômage leur est trop favorable et que des centaines de milliers d'emplois ne sont pas pourvus dans notre pays.

Il ne faut pas jouer avec les mots et moins encore avec les maux

"Il faut remettre la France au travail" martelait Jean-Pierre Raffarin peu de temps après sa nomination à Matignon. Sous-entendait-il que les Français, tous les Français et pas seulement les chômeurs, traînent des pieds pour aller bosser ?
Mais les "bonnes" intentions se heurtent souvent à la réalité d'une situation moins reluisante. En décembre dernier, l'Insee annonçait que la France avait perdu 67.000 emplois en 2003 (une première depuis 10 ans) et, aujourd'hui, le taux de chômage flirte avec les 10%. La faute à qui, aux Français travailleurs ou chômeurs ?

Ceci démontre bien qu'en matière de chômage, il ne faut pas jouer avec les mots et moins encore avec les maux de celles et ceux qui se retrouvent du jour au lendemain sans emploi. Il convient ici d'évoquer quelques vérités qui sont toujours bonnes à rappeler à ceux qui nous gouvernent et aux autres qui pensent que beaucoup de chômeurs s'accommodent de leur situation et s'y complaisent même.

Dans la population des demandeurs d'emploi, il y a certainement quelques milliers de "chômeurs professionnels", quelques milliers d'individus qui profitent du système. Admettons-le ! Mais leur proportion est sans doute comparable à celle des patrons indélicats, des entrepreneurs filous et autres escrocs qui sévissent dans les rangs des dirigeants d'entreprises, des professions libérales, des commerçants ou des artisans...

Les magouilles du patronat responsables des déficits sociaux

Seulement voilà, la marche de manœuvre du "chômeur professionnel" est étroite. Après avoir épuisé son allocation chômage (qui lui est aujourd'hui versé pour une durée maximale de 23 mois), il devra se contenter de l'ASS ou du RMI pour survivre. "L'escroquerie" porte alors sur la somme de 400 euros par mois (2.600 francs). Les donneurs de leçon de tout poil réussiraient-ils, eux, à survivre avec ce revenu de misère ? Nous ne rentrerons pas ici dans le détail des abus de biens sociaux, des détournements de fonds, des stock-options, des fausses factures, des frais fictifs, des avantages en nature, des paiements de la main à la main, des parachutes en or, des petits arrangements comptables... qui s'offrent aux dirigeants d'entreprise, aux professions libérales, aux commerçants et autres artisans indélicats. L'escroquerie peut alors porter sur des milliers, des centaines de milliers, des millions ou des milliards d'euros.

Si nous partons du principe que la proportion "d'escrocs notoires" est sensiblement la même dans toutes les classes de la société française, il est certain que les chômeurs ne sont pas les mieux placés pour en tirer le plus de profit.
Par ailleurs, une part non négligeable du déficit des systèmes de protection sociale (assurance-maladie, assurance-chômage) est générée par les dissimulations de toutes natures (notamment le travail au noir) fomentées par des entrepreneurs, des professions libérales, des commerçants et des artisans peu scrupuleux. Dans un même ordre d'idées, ces "indélicats" peuvent aussi dissimuler par le biais de "petits" arrangements (pour ne pas parler de grosses magouilles) des sommes considérables aux yeux du fisc. Mais c'est une autre histoire...
Ceci étant précisé, revenons aux vérités qu'il convient ici de rappeler.

Chômeur, un statut enviable ?

Dans une société hiérarchisée et organisée autour du travail, le fait d'en être privé est vécu pour la très grande majorité d'entre nous comme un traumatisme. Des centaines de milliers de chômeurs se retrouvent sur le carreau pour des raisons souvent dictées par la spéculation boursière et l'appât du gain d'une classe dirigeante. Et puis, il ne faut surtout pas occulter la réalité financière du "statut" de demandeur d'emploi relevant du régime d'assurance-chômage. Elle est marquée par une forte dégradation de son pouvoir d'achat. Pris en charge par l'Assedic, le chômeur n'est indemnisé qu'à hauteur de 57% de son salaire brut. Mais laissons parler les chiffres.
Une personne qui percevait un salaire brut de 1.500 euros par mois (soit 1.200 euros nets) touche une allocation chômage d'environ 860 euros. Le manque à gagner mensuel s'élève donc à 340 euros, ou encore à 4.080 euros sur un an, soit 26.520 francs. Rares sont ceux qui peuvent se satisfaire d'une telle dégradation de leur revenu.

Mais parfois, convenons-en, le chômage peut être vécu par celui qui s'y retrouve comme une période de répit dans une vie professionnelle qui laisse peu de temps pour soi. La vie est belle ! On se "laisse vivre" pendant un mois ; on en profite pendant deux mois... Au sixième mois d'inactivité, on commence à tourner en rond. Au bout d'un an, le doute s'installe... Au bout de deux ans, on appartient à la classe peu enviable des "chômeurs de longue durée" et on bascule dans les minima sociaux, sous réserve d'y avoir accès. Donc dans le meilleur des cas le chômeur perçoit 400 euros par mois (2.600 francs), au titre de l'ASS ou du RMI. Dans le pire, le chômeur ne perçoit pas un centime (si la rémunération de son concubin ou de sa concubine, de son mari ou de son l'épouse dépasse un certain seuil).

Bien évidemment, cette démonstration ne saurait à elle seule refléter les dures réalités du "statut" de chômeur. Pour autant, il serait bon que celles et ceux qui stigmatisent les demandeurs d'emploi "profiteurs" prennent en compte un postulat qui s'impose d'évidence : le chômage, rares sont ceux qui y aspirent, encore plus rares sont ceux qui en "profitent" et s'y complaisent."

Yves BARRAUD

  J'entends déjà certains gloser sur le 10 % de chômage au moment du texte. Ok messieurs, d'abord le papy boom se fait sérieusement sentir, ensuite, les radiations n'ont jamais été aussi nombreuses et encore mieux, on a révisé le calcul du nombre de chômeurs, histoire que les statistiques collent avec le discours du sarkozysme piteux mais qui se veut triomphant.


  Cette politique est donc en oeuvre depuis 2002, on s'est servi des 35 h comme alibi alors que la droite n'a eu de cesse de les détrivcoter sans oser, jusqu'à maintenant aller jusqu'au bout. Le mythe du fraudeur chomeur ou chomeur volontaire a vécu mais continue d'être véhiculé. Depuis 2002, la droite fait ce qu'elle veut, continue d'appliquer ses recettes qui ont pourtnant montré leur innefficacité.

  Pas grave, on continue et on dit que si cela ne va pas, c'est qu'il faut du temps. Du temps ? Sarkozy n'est là que depuis 2007 ? Ok, mais sa politique réac s'applique depuis bien avant. 2002, voir même 1993 avec Balladur Premier MInistre, la Gauche Plurielle de Jospin ayant apporté quelques corrections mais ayant tout de même enteriné beaucoup des reculs faits depuis.

  Elle est où la rupture ? C'est juste de la com. les résultats sont désastreux, les inégalités se creusent comme jammais, le nouveau volet heure sup rend les salariés encore plus corvéables et, plus fort, grève les budgets de l'État. Tout ça pour le plus grand plaisir du patronnat...

  Nous sommes en juillet 2008, c'est les vacances, mais ça ne va pas mieux. Pas grave, la sarkozie est ravie, il n'y aplus de 35 h

 

 


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Rébus 09/07/2008 09:43

Article repris par Bêtapolitique (tain, les chevilles qui enflent là)

pas perdus 06/07/2008 19:48

La libération d'I. Bétancourt a permis d'occulter cette régression sociale

Le sang coule 06/07/2008 17:18

EXCELLENT article Rébus !!!Le pire étant que ce genre de discours du "chomeur=profiteur" est ancrée dans le crane de bon nombre de nos con-citoyens.La réalité contredit tout, pas grave, ils jouent sur le passionnel et l'idéologique, à défaut de pouvoir se targuer d'une quelconque rationnalité basée sur des faits.Résistance !!!

gertrude 06/07/2008 15:36

Allez voir chez Renato, vous aurez une idée de l'état de la France; mais faites gaffe où vous mettez les pieds...

renato 06/07/2008 15:27

Gaf...Gertrude est remontée comme une horloge !!!