Lettre à un sarkozyste préformaté de 21 ans, suite

Publié le par Rébus


 Une deuxième partie à cette lettre pour revenir sur quelques uns des points abordés précédemment.

  Le discours que tu tiens ne vient pas de ton âge, on ne peut faire grief à quelqu'un de sa jeunesse (ou même de sa vieillesse d'ailleurs) ; on peut par contre lui reprocher de ne pas pousser la réflexion plus loin que le formatage médiatique alentour ne le lui impose.

 Comme tout le monde, tu es le produit de ton entourage et de ton époque. Pas revenir sur l'inné, l'acquis et tout le reste mais il est évident qu'une conscience poltique ou individuelle se forge dans la cellule familiale, l'entourage proche et subit au final les influences externes véhiculées par les médias et l'époque.

 Que tu sois un chantre du discours égoÎste, "laissez les crever" et pseudo méritocrate libérale n'a rien de surprenant. Cette propagande nous la subissons depuis 20 ans. On me répliquera qu'il ya eu une propagande de gauche à l'époque mitterrandienne et que c'est peut être ma réceptivité de l'époque qui explique mon positionnement actuel.

 Soit, sauf que cette propagande était bien contrebalancée. Un gros vecteur d'influence chez les ados, c'est le cinéma. le cinéma des années 80 a passé son temps à glorifier l'Amérique reagannienne, celle des "winners" et a vouloir bnous imposer ces horribles yuppies en modèle. Modèle qui me faisait personnnellment gerber. En preuve, le naif Working Girl, dont je ne me rappelle plus l'auteur, avec Mélanie Griffith dans le rôle de la potiche méritante qui finira par réussir.

 Ce modèle yuppies sera dézingué dans un film "Wall Street" de, hasard, Oliver Stone ; ça n'a pas empêché certains de n'en retenir que la glorification du "tous en bourse". Un beau contre exemple, représentant parfaitement l'aliénation de ce système,, c'est le roman "American Psycho" de Brett Easton Ellis, dont seuls les meutres et non la charge à l'acide furent retenus, dommage.

  Cette célébration de la gloire frico reaganiennen trouva à l'époque son écho en France, où l'on put voir un acteur/chanteur ex stal, Yves Montand, s'imaginer un destin de Président et pétant le "dimat" avec une abomination nommée "Vive la Crise".  Le néo remboursé du Crédit Lyonnais sévissait déjà et commit aussi quelques nanards télévisuels destinés à faire de tout franchouillard un "winner". Beurk

 Apparurent les Madelin et autre neuneux néo libéraux bêlant bêtement les recettes friedmaniennes et inspirant le Chirac de l'époque qui gagna les législatives et devnt un Premier Ministre reagano thatchérien à la française (voir la BD de Wolinsky sur le programme RPR de 1986 "Libéral, nous voilà" et l'on se rend compte qu'il n'y rien ou presque de nouveau sous le soleil)

  Petit à petit cependant, ces idées libérales (au sens français) firent leur chemin et eurent leur apogée en 1993, permettant à Balladur de nous imposer sa cure personnelle, fidèlement secondé par des médias ravis, le Monde, TF1, tous unis derrière le grand Mammamouchi. On enterra un peu prématurément Chirac, qui remporta quand même l'élection en 1995 et en profita pour promettre les "mines de sel" à ceux qui lui avaient manqué (notamment un certain Sarkozy).

  Chirac se fit élire sur "la fracture sociale" mais essaya quand même de continuer dans le sens de Balladur. le pays se retrouva en grève et Juppé dut reculer. Échaudé par cette expérience, Chirac 2002 fut plus timide, quoique Raffarin ait frappé très fort dans l'anti social.

  Le discours actuel n'a rien de nouveau et, si la France n'est pas (pas encore) l'Angleterre ou les États Unis, c'est que la rue a , jusqu'à présent réussi à s'exprimer. mais la droite est têtue, chaque projet avorté a fini par revenir.

 Alors continue de rêver à ton chien Médor, ta maison à barrière blanche et à ta copine, aspirations qu'à ton âge j'aurais trouvé très "petit bourgeois".

 Chacun son truc en même temps.  Pense simplement que si personne ne se bat pour tes (nos) droits, tout cela ne se réalisera pas ; ou alors tu trimeras 80 h pendant une éternité, pour une vie dont tu ne profiteras guère. Mais, c'est ton choix après tout

Commenter cet article

Rébus 14/08/2008 22:41

petite rectification, la BD de Wolinsky était "Au secours, la droite revient". Libéral,nous voilà était le chant qu'entonnaient les joyeux RPR en couverture de cette BD. (faudrait que je la rerouve d'ailleurs, on croirait qu'elle vient d'être écrite, enfin, je dis ça de mémoire)

pas perdus 13/08/2008 19:31

Bonne rétrospective, j'avais oublié l'existence de Madelin..

Christie 13/08/2008 10:03

Ma soeur, ex-sarkozyste en est morte d'une certaine façon.Elle a longtemps tenu ce discours. Avant son suicide reussi, elle s'est retrouvée seule dans une grande et belle maison..A devoir entretenir...A se lever à 3h30 tous les matins pour faire la saisie des livraisons de "Carrefour" Compiègne. Elle a été mutée, il y a deux ou trois ans. Jusque là son travail à Carefour avait été reconnu mais a 50 ans passés, elle ne pouvait pas prétendre à mieux lors d'une putation pour se rapprocher de chez elle (elle habitait près de Compiègne et devait se rendre à Carrefour ParisNord, soit 65km tous les jours)Dans les 2 cas, elle devait subir...Là, elle a subit un reclassement terrible qui l'a laminée, j'en suis sure.Que l'on ait la mauvaise foi de tout mettre sur le compte d'une rupture de couple.. Et tout ce qui s'ensuit.. J'ai la certitude que si elle n'avait pas été aussi fatiguée, elle n'aurait pas eu forcément ce geste malheureux..C'est un ensemble d'évènements...Elle ressemblait beaucoup à l'image de la réussite -façon Sarkozy- sauf que ça lui a coûté tout le reste y compris la vie et que cela rend la vie des ses enfants compliquée...Une mère qui met fin à ses jours, quelle image de réussite donnée à de jeunes adultes sensiblement plus âgés que ce jeune de 21 ans...

Rébus 12/08/2008 23:05

Entièrement d'accord, Naradamuni

naradamuni 12/08/2008 22:44

..., c'est ton choix après tout"Mais que tu l'impose au autres, nous disons : NON !