Quand l'Abbé Fillon fait l'aumône
Aumône, c'est bien le terme qui convient si l'on regarde l'importance de la somme que le châtelain à mèche de la Sarthe consent, dans un élan de générosité chrétienne bien évidemment à accorder aux va nu pieds, euh, non, SDF comme on dit on the TV (avant de poursuivre en off par assistés, feignasses, alcooliques et autres amabilités).
On se souvient de Jospin qui assurait à une époque 0 SDF dans les rues de notre riant pays de France sous 5 ans ; l'hydre de la pauvreté étant assurée selon le bouclé ex trotskyste d'être terrasée par la vaillance du Chevalier Protestant à la Blanche Crinière. Irréalisable dirent certains et de toute façon, Lionel tomba de cheval en franchissant le gué en 2002. Le Galaad du PS n'ayant pu intervenir, eh bien, la pauvreté n'a pas reculé... CQFD.
La mandature du Roi Fainéant Chirac ne s'illustra guère par la lutte contre la pauvreté, si ce n'est par des opérations pièces jaunes, orchestrées par Sainte Bernadette, fidèlement escortée par l'ogre Douillet, ce même ogre qui tente de faire main basse à l'heure actuelle sur la Fédération Française de Judo, mais c'est une autre affaire.
Vint ensuite Nicolas Sarkozy, Mordred de notre époque, ayant vaincu la Dame du Lac. Notre Mordred, lui, ne fait pas de mystères là dessus, il ne se sent guère concerné par ces questions de sans abris. Élevé dans le riche comté de Neuilly, certaines notions lui échappent. Aussi confie -t-il cette mission à un baron provincial, petit hoberau sarthois, qu'il fait seconder par une dame patronesse, experte en bonnes oeuvres catholiques, sainte Christine Boutin, Notre dame de la rédemption par la matraque des CRS.
Le petit baron sarthois prévoit donc un plan de grande ampleur, 250 millions d'écus, non, euros ; écus, c'était à l'époque de Giscard, mais on a parfois du mal à s'y retrouver en cette époque de retour à la féodalité.
250 millions, KOLOSSAL effort diront certains, moui, sauf que les besois étaient évalués à plus de 1,5 milliards d'euros. On est donc très loin du compte. Le comique la dedans, c'est d'entendre Fillon déclarer qu'il veut renforcer la loi SRU, pourtant si vivement contestée par l'UMP. Mais, il y a du bon dans cette idée, les communes ne respectant pas le quota de 20 % de logements sociaux se verront contraindre (me marre d'avance) à un quota de 30 % cette fois. La commune qui respecte, à ce jour, le moins cette loi est celle de l'actuel chef de l'État. Et un parpaing lancé par le dépressif de Matignon dans le jardin du génie des Carpettes.
Bien évidemment, les diverses associations conviées à l'annonce de ce plan sont plus que déçues, Augustin Legrand incitant notamment les divers collectifs à mettre la pression, pour que ces questions de financement soient revues à la hausse, et que ce plan ne soit plus une aumône, accordée pour se donner bonne conscience mais, que l'on puisse réellement dégager des moyens, pour en finir avec cette précarisation/paupérisation/marginalisation qui s'amplifie sans cesse. Encore faut-il une réelle volonté gouvernementale pour cela.
On peut en douter quand on voit que certains décomplexés veument rétablir le délit de vagabondage , donnant entre autres la consignes aux gardes royaux, euh, non, aux policiers et gendarmes, de se saisir des roulottes, non, des tentes, des divers gueux pris à dormir sur la chaussée, non, voie publique.
Pendant ce temps là, la Société Générale a perdu tellement de milliards d'euros qu'on ne peut faire d'estimation. Aucun rapport ? Si, pourtant, ça permet de mesurer l'écart entre le monde réel et celui de l'économie virtuelle.
Pour ceux que les trops abondantes références religieuses inquiéteraient, c'est juste que j'essaie de me convertir au nouvel ordre moral qui découlera de la prochaine remise en cause (annoncée par Emmanuelle Mignon, MAM, et réclamée par monsieur Boubakeur entre autres) de la loi de 1905.
Choisis ta religion camarade!!! ben, perso, suis plutôt athée, ça va être dur
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