Statut du foetus, nouvelle polémique
La Cour de Cassation vient de prendre une décision qui ravit les cathos intégristes et autres anti avortement de tout poil. En fait, cette décision est intervenue le mercredi 6 février 2008 sous la forme de 3 arrêts de la Cour de Cassation annulant une décision précédente de la Cour d'Appel de Nîmes.
http://www.lemonde.fr/societe/article/2008/02/07/la-cour-de-cassation-elargit-la-notion-d-enfant-sans-vie_1008547_3224.html#ens_id=1008346
Que contiennent ces arrêts, ou plus exactement, quelle est leur portée ? Ils permettent de donner un statut à tout foetus, né sans vie, et ce quel que soit le stade de son développement. Sentant la polémique à venir,la Cour s'est contentée de botter en touche, justifiant sa décision sur le fonds juridique et feignant de ne pas se rendre compte qu'une telle décision était pain bénit pour les bigots et grenouilles de bénitiers. Toutes ces belles âmes se déclarant "pro-vie" alors qu'ils sont juste des fanatiques illuminés rêvant de retourner à la si belle époque ou les femmes n'étaient rien d'autre que des matrices.
Une petite lâcheté (plutot une grande mais on va la jouer soft) de la part des juges mais révèlatrice d'un climat ambiant. Dopés par les prises de positions ultra réacs de Benoit XVI, plus connu sous son surnom de Panzer Pape et encouragés par les propos anti laîcité régulièrement tenus par Nicolas Sarkozy, les troupes de Xavier Dor et toute l'amicale de Saint Nicolas du Chardonnay ont bien saisi la portée de cette décision et voient, eux, bel et bien dans cette arrêt une possible remise en cause de l'avortement.
Bon, alors évidemment, je dois faire un crise de parano typique chez les gauchistes laîcards, espèce toujours tentée de voir la main de l'église dans la culotte de la République. En attendant, les "pro-vie" ne s'y sont pas trompé et s'agitent fortment sur les forums. Cette décision hypocrite, malgré les dénégations de certains tels Jean François Mattéi peut bel et bien remettre en cause le droit à l'avortement.
On donne un statut au foetus, il n'y a plus qu'un pas à franchir pour le considérer comme une personne à part entière et, dès lors, l'avortement pourrait être criminalisé. La portée politique de ce choix est évidente et ne pouvoir s'en rendre compte, naîveté ou bêtise ? Ou tout bonnement hypocrisie (oui des fois je me répète), je rappelerais juste que Mattéi, puisque je parlais de lui tout à l'heure, est certes un généticien réputé mais également un catholique très pratiquant. Alors oui, les convictions personnelles sont un droit mais là, elles influent quelque peu sur le jugement alors, voir qu'à droite, le nouveau président de la Croix Rouge soit un des seuls à s'être exprimé me laisse perplexe. Ce serait bien d'avoir d'autres avis, Sainte Christine Boutin,par exemple, ça apporterait un éclairage intéressant, ou Simone Weil ; après tout, c'est son "bébé" qui est en danger. Et ça rachèterait peut être ses dernières interventions publiques.
Bon,je dis à droite mais c'est uniquement parce que, comme sur la laïcité, je n'attends pas grand chose de la gauche, celle ci étant plus occupée à préparer les municipales et à s'entre déchirer qu'à s'intéresser à ce qui se passe réellement dans ce pays.
Autrement, pour les ravis de la crèche qui croient vraiment que, non, les religions ne nous menacent pas, l'archevêque de Canterbury, big boss de l'Eglise Anglicane vient d'exprimer la sympathie qu'il porte à la Charia. Bon, pas dans le sens appel au voile ou à la lapidation, non, dans le sens loi religieuse, pouvant se substituer au droit coutumier ou au moins y suppléer. À rapprocher de la tentative de l'État d'Ontario, au Canada, d'introduire des tribunaux islamiques. On voit clairement que le religieux essaie de se réinfiltrer dans le domaine publique, et ce, pour toutes les religions. Ne nous y trompons pas, pour le cas de l'Archevêque de Canterbury, il ne s'agit pas d'oecuménisme, simplement, il voit son intéret , en tant que chef religieux, à affirmer la primauté des "textes sacrés" sur la loi.
Un peu la même démarche qu'un Sarkozy qui déclare le "sacrifice" du prêtre supérieur à la mission de l'instituteur. C'est juste une tendance lourde de toute la société (quel prophête, ce Malraux quand on y pense)
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