UIMM versus RSA
Toujours en une de nos quotidiens, l'affaire UIMM contre le Medef. Le Figaro nous aprend que Denis Gautier Sauvagnac est prêt à céder sa mirifique indemnité à qui n'en veut, pendant que Libé se focalise sur un bras de fer entre les deux organisations, bras de fer dans lequel Laurence Parisot se prendrait pour Monsieur Propre et s'attaquerait à une UIMM adoptant la posture d'Astérix.
C'est beau comme de l'antique, ce pauvre DGS victime de son indemnité empoisonnée qui, juré, craché, n'est pas là pour s'assurer d'un quelconque silence. Il ajoute même pour prouver ses dires que, dès le départ, il s'était inscrit dans la tradition martinoniste du no comment. DGS, semble-t-il n'a de compte à rendre à personne, pas même à la justice. Ah, ce monsieur serait au dessus des lois ? Intéressant, tout comme cet aveu implicite de dissimulation finalement...
Et Parisot qui lance son opération mains propres, jolis relents mafieux au passage alors que Gérard Filoche nous dit qu'elle ne pouvait en aucun cas ignorer ces pratiques... Ou alors, elle ne savait réellement pas ce qui prouverait que Sarkozy avait raison vis à vis de son intelligence... Blague à part, on assiste à une belle opération d'enfumage de l'opinion, ça fait désordre pour nos promoteurs acharnés de la transparence, bonne gouvernance et autres barbarismes. À l'arrivée, une affaire qui fera pssschiiit, on peut le parier... D'autant que les premiers soupçons datent de 2004, signalés alors à l'agité de Beauvau par Tracfin et....nada. En fait, c'est juste une lutte d'influence au sein du Medef qu'on règle sur la place publique, entre des caciques de l'industrie et un patronnat façon Parisot, aussi réac, mais se voulant moderniste.
Gautier Sauvagnac est juste un symbole de ça, je ne le plains pas, certes ,mais on lui demande de prendre sur lui en tant que victime expiatoire. Son tort, c'est de s'être fait prendre, rien de plus.
Ah, un duel au soleil Saint Geours/Parisot, sur une musique d'Ennio Morricone, ça aurait de l'allure.
Pendant ce temps, à l'autre bout du spectre social et financier, on reparle du RSA. Le dispositif miracle de Martin Hirsch, l'élève de l'Abbé Pierre égaré en Sarkozie, caution morale d'un gouvernement ultra réac qui fait des poussées d'urticaire à la seule mention du mot social. L'abbé énarque Martin s'aperçoit que le financement de son bébé n'est pas à la hauteur et menace, agitant ses petits bras musclés, de démisionner. Patience, Martin, attends le remaniement qui n'arrivera pas, dixit Fillon. Ce même Fillon qui nous promet une accélération des "réformes", comprenez régressions, plus de de flexsécurité, comprenez encore moins de social, une précarisation accrue. À part ça, Fillon nous dit, en réajustant sa mèche, que Fabius ment lorsqu'il annonce la rigueur à venir.
Décidément, ce gouvernement aime manier l'insulte.. Pour rappel, monsieur Hirssch, votre RSA n'a rien d'une solution miracle. il se contente de renforcer les inégalités, de les entériner définitivement en créant des jobs et des employés de seconde zone. Finalement, vous pouvez agiter le spectre de votre démission, vous êtes à votre place dans ce gouvernement.
Mais au moins, l'actualité des derniers jours nous prouve que même les puissanrts de cette belle France ont des problêmes. Ça rassurera les chômeurs, les RMIstes et tous ceux qui s'apprêtent à grossir leurs rangs.
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