Quand la précarité se pérénise
On a un peu parlé de Laurence Parisot dans l'actu de la semaine, suite à son "combat acharné" pour moderniser le Medef et le débarasser des archaïsmes type UIMM. Qu'entends donc Laurence par moderniser ? Bof, on sait pas trop, c'est juste un terme qui sonne bien. Moderne, ça flatte plus l'oreille et l'égo que régression ou perte des acquis sociaux. Surtout si on parvient à l'emballer dans une formule lapidaire désormais célèbre "L'amour, la vie, sont précaires, pourquoi pas le travail".
Ah, Laurence, quelle belle formule, on en pleurerait, on dirait du Raffarin ! Ou du Séguéla, y a un parfum de slogan publicitaire, une formule creuse masi facilement mémorisable, genre 100 % des gagnants ont joué.
Sauf que là, on parle de vies humaines et que curieusement, les gens qui subissent cette précarité que les médéfiens et leurs amis umpistes qualifient de "modernité" n'ont pas vraiment l'impression d'avoir gagné quoi que ce soit au change. Oui, la mobilité accrue, les possibilités de changement de carrière, blabla, sur le papier, c'est très bien. Dans la réalité, pas vraiment l'impression que cela marche ou que cela soit bien vécu.
La preuve par l'actu récente, oh, pas l'actu qui fait la une... Pas l'actu des phrases de Sarkozy, des malheurs de Sophie (Marceau) et des colères du Borgne. Non, cette actu banale, quotidienne de gens qui voient leurs vies s'effilocher, dézinguées par les jolies règles néo libérales et mondialisées qu'un patronnat, heureux en sarkozie, veut imposer. Des faits qui se téléscopent avec les annonces surréallistes de Lagarde selon qui, tout va très bien, le chômage baisse. Le paquet fiscal, les heures sup, le choc de croissance et autres inventions perlinpinpesques destinées à faire croire à la réalité d'une action de Sarko et ses boys, voyez ça marche....T'as raison , Christine, tout comme Laurence. Le monde il est beau, le monde il est gentil et dans 2 jours, l'électeur, ravi de ces bonnes nouvelles (si opportunes), votera UMP.
Bon, peut être pas l'électeur de Mittal qui apprend en loucedé que, malgré le déplacement en lune de miel, ou presque, de Petit Chef, malgré sa rencontre avec Mittal, la délocalisation prévue de Gandrange va se poursuivre, vers la Pologne semble-t-il. Ouste les emplois d'un bassin déjà sinistré. Pas grave, le chômage est un état d'esprit, nions le et il n'existe plus.
Restons dans l'Est de la France et on trouve d'autres électeurs qui risquent assez peu d'être emballés par le "projet" umpiste.. Ainsi, lu aujourd'hui, ces salariés de Vittel alignant CDD sur CDD depuis plus d'un dizaine d'années. Des contrats au joiur, à la semaine, au mois, quelquefois au semestre pour les plus durables. Tout un panel de contrats précaires existe, théoriquement encadré strictement par la loi. Ah, vraiment ? Tellemnent encadré que la Poste vient de se faire condamner pour abus de CDD envers un employé. Celui ci avait accumulé 117 contrats sans jamais obtenir de CDI. Alors, ok, la justice est passée et a condamné. À une amende ridicule, puisque, en douce, on murmure cyniquement qu'il vaut mieux payer les 31000 euros d'amende infligés que péréniser tous les CDD. Les salariés de Vittel qui portent plainte sont dans la même démarche. Certains auraient cumulés plus de 300 contrats, sans rien voir venir, en toute illégalité.
Une illégalité qui tendrait à devenir la norme... Alors, elles sont ou les joies de cette précarité, madame Parisot ? Et admettons que l'on prête foi à votre thèse , celle d'une précarisation nécessaire mais rendant possible l'épanouissement ou l'évolution de carrière... Dans les faits, ces affaires vous infligent un démenti cinglant. Il n'y a là aucune mobilité, aucun plan de carrière, aucun épanouissement... Le poste occupé, et le salaire lié, reste le même. Il n'y a aucun choix, C'est une précarité subie, une contrainte... Et si je comprends encore le français, la précarité, par définition, c'est ce qui ne dure pas. Quid d'une précarité de 10 ou 15 ans ?
Sortez un peu de vos tours d'ivoires et débarassez vous de vos certitudes sur l'économie et la vie. Surtout qure, le terme précaire, vous ne le connaissez qu'à travers les dictionnaires...
J'espère que les électeurs penseront à ce genre d'affaires avant de voter...Même si ce n'est que symbolique? On a été prévenus, le gouvernement n'entend rien changer...Hum, pas futé de s'entêter comme ça
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