Responsabilité à géométrie variable
La sarkozie a une curieuse conception du concept de responsabilité morale. En fait, la seule vision qu'elle en ait c'est de l'adapter à toutes ses "convictions", ses tics populistes.
Une attitude particulièrement flagrante si l'on met en parallèle la volonté affichée (bien que le rapport n'est que fuité jusqu'à maintenant) de Rachida Dati d'entauler les mineurs dès 12 ans (l'âge d'un sixième pour se faire une idée) et le discours de Boutin qui, elle, veut, enfermer (c'est une obsession chez eux) les SDF.
On invente donc une nouvelle catégorie de responsabilité pour des ados, voire des pré ados, les déclarant assez grands pour subir les foudres de notre si aveugle et partiale justice, mettant ainsi ou presque la "Patrie des Droits de l'Homme" au niveau de certains des pires régimes de la planète.
Mesure purement démagogique que Dati ne craint pas d'asséner à grands coups de déclarations du genre "il y ades violeurs, des meurtriers, et bla et bla" ainsi que de faux chiffres balancés au groin d'Arlette Chabot, histoire d'effrayer le lambda vautré devant la boîte à décerveler.
Que pendant ce temps se déroule une campagne télévisuelle visant la signalétique pour enfants, englobant donc dans la catégorie "enfants à préserver" nos futurs entaulables ne semble pas incohérent aux yeux de nos "dirigeants éclairés".
Boutin, elle, déclare irreponsable des adultes. Pour leur propre bien. Notion que leur condition ou leur pauvreté, leur alcoolisme suposé ainsi que d'autres vices probables leur interdit de concevoir.
D'un côté, des enfants que l'on déclare responsables, de l'autre, des adultes que l'on ramène à une condition de sous citoyens, toujours dans un seul but, faire assaut de démagogie.
La sarkozie, une terre de contradictions et d'incohérences, oui, mais aussi la volonté politique de toujours plus contrôler, réprimer, une glissade même pas lente vers des régimes à démocratie très limitée.